La première guerre mondiale
(màj 30 juillet 2009)
voir aussi "Nos Morts pour la France" à compléter (màj 7 janvier 2009)
voir aussi "le récit de Monsieur Verzinet".
Le conflit dans le Saint-Quentinois : Après la bataille de Charleroi, les Allemands parviennent à Saint-Quentin à la fin d'août 1914. La ville va subir l'occupation pendant plus de quatre ans. En mars 1917, la population qui comptait encore plus de quarante mille habitants sera évacuée vers la Belgique.
Dans les environs, vont se dérouler de durs combats. En 1917, à la suite des pertes subies à Verdun et sur la Somme, les Allemands se replient sur une ligne puissamment fortifiée, la ligne Hindenburg, qui, au sud et à l'ouest de Saint-Quentin, passe par Vermand, Urvillers, Vendeuil, La Fère.
En mars, une offensive amène les troupes alliées tout près de Saint-Quentin. Grugies, Urvillers, Moy sont réoccupés en même temps que les Britanniques, au nord de la ville, reprenaient Fayet, Gricourt et atteignaient le canal de Saint-Quentin à Vendhuile. Mais la ruée allemande de mars 1918 rompt cette ligne et la bataille s'éloigne vers l'ouest.
En septembre 1918, l'offensive alliée ramène la lutte dans la région de Saint-Quentin et le 8 la ligne Hindenburg est de nouveau abordée. Le 11, les Britanniques de l'armée Rawlinson reprennent Vermand. Le 24, le général Debeney prend Savy, Fontaine-les-Clercs, Essigny-le-Grand ; l'ennemi bat en retraite.
Le 1er (le 8 ?) octobre, tandis que les Britanniques rompent la ligne Beaurevoir-Fonsomme, nos troupes pénètrent dans Saint-Quentin où l'ennemi a allumé des incendies de tous côtés et où il ne reste que ruines.
Un élément de la ligne Hindenburg près d'Essigny, enseveli sous la végétation.
Les évènements essignyacois :
Gleiz zum Flugplatz Essigny-le-Petit - Jan 1916 (Voie ferrée vers "terrain d'aviation")
Il y avait à Essigny ou aux abords immédiats de la commune un terrain d'aviation militaire allemand (voir photo ci-dessous. D'après les archives de la commune voisine de Fontaine-Uterte, il y aurait eu deux camps d'aviation allemands à proximité d'Essigny : l'un à Courcelles installé en mai 1916, l'autre à Fontaine-Uterte en novembre de la même année).
15juillet 1916 : Retour de mission pour l'Offizierstellvertreter pilote de KGI/KS1 qui meurt, après atterrissage, de ses blessures. Hermann ROSCHER à Essigny-le-Petit.
Photo allemande .
Mise à jour du 30 juillet 2009
: Cet avion qui a atterri en cheval de bois est un avion allemand AEG
type GIII. Il pourrait s'agir de l'avion piloté par Hermann
ROSCHER (voir plus haut). Merci à Patrick RICHARD pour son aide.

24 décembre 1916 : Leutnant ERDMANN tué sur son terrain d'Essigny-le-Petit. Il était de la Jasta 20.
27 janvier 1917 : Le Leutnant Bruno KALFF de la Jasta 20 est tué en combat près de l'aérodrome d'Essigny-le-Petit. D'abord au KG 4, il était arrivé à la 20 le 25 janvier ! Il n'avait aucune victoire.
En mars 1917,
les Allemands se sont repliés sur la ligne Hindenburg, ce qui a sans
doute provoqué l'évacuation d'Essigny-le-Petit le 6 avril 1917.
La veille, son premier magistrat, Pierre Lesage, maire depuis 1913, ancien instituteur
et secrétaire de mairie, est "Mort pour la France", victime
civile sur le sol de la commune.
26 avril 1917 : 17 heures. Le n° 4883 est un FE2b du 22ème squadron en mission de bombardement sur Bohain (gare). Descendu au-dessus de Brancourt, il était parti à 16 h 45. Le Captain H.R. HAWKINS et le 2ème lieutenant GO Mc ENTEE sont prisonniers. L'avion s'était perdu dans le brouillard à Essigny-le-Petit.
La victoire est revendiquée à 19 heures par l'Offizierstellvertreter STURM de la Jasta 5, c'est sa première victoire.
D'autres photos allemandes pendant la Grande Guerre (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
| Un soldat allemand dans le cimetière communal | Allemands sur la place de la mairie | Tombe allemande dans le cimetière communal | Allemands passant une revue des chevaux |
C'est sans doute ce terrain d'aviation qui a été bombardé le 2 mai 1917 par des bombardiers Paul Smitt 7, biplans à moteur Renault, basés à Pierrefonds.
Extrait du journal municipal de Charleville-Mézières n° 76 de janvier 2004
Baptême du feu
Ils effectuent leurs premiers bombardements les 2 mai et 26 mai 1917 au-dessus d'Essigny-le-Petit.
"Ils", ce sont le sous-lieutenant Félix Brouet et l'adjudant-bombardier André Monard. Ils assument 80 bombardements : Essigny-le-Petit, Versigny, Cambrai,Mont d'Origny,... En mai 1917, ils font partie de l'escadrille P.S. 126.
Retrouvez leur histoire sur le site de la ville de Charleville-Mézières (lien ci-dessus).

En ce début d'octobre 1918, les Britanniques et l'armée Débeney doivent enfoncer la ligne Hindenburg. Du côté français, cet honneur incombe aux divisions de chasseurs dont fait partie le 15ème bataillon de chasseurs à pied(*)..
Le 6, le 15ème BCAP nettoie Remaucourt (190 prisonniers) ; le 7, le bataillon reste sur les positions conquises.
Le 8, le bataillon, en liaison avec la 47ème D.I., doit attaquer à l'est de Remaucourt et, débordant Essigny par le nord, se rabattre en direction de Courcelles.
L'assaut doit se déclencher à 6 heures 20. Deux compagnies d'attaque : compagnie DOREAU (3ème), compagnie DAVAL (2ème). L'artillerie de renfort n'a pu pendant la nuit gagner ses positions. Malgré ces conditions défavorables, le bataillon, grisé par les succès de l'avant-veille, enlevé par des officiers sublimes de'héroïsme, part telle qu'une meute lorsque sonne l'hallali. Malheureusement les défenses d'Essigny sont intactes, on ne pourra le prendre ce jour-là, mais le bataillon, qui s'est engagé à fond, ne reculera pas non plus. Les lieutenants Dormien et Levieuge sont tués à la tête de leur troupe, le capitaine Daval grièvement blessé, le lieutenant Picot blessé. A la compagnie Daval, privée de ses officiers dès le début de l'action, le sergent Chognard a pris le commandement et maintient ses derniers chasseurs sous un bombardement d'une violence inouïe. La ligne de repli préparée par l'ennemi va être défendue avec acharnement. La ferme Bellecour au nord de Remaucourt, la ferme Malval au sud, n'ont pu être enlevées ar nos voisins et le bataillon engagé à fond sur les deux rives de la Somme est encore une fois en pointe de l'armée. Le capitaine Doreau aura l'honneur de voir figurer ce fait dans son motif de décoration de la Légion d'honneur(**).
Malgré une soirée et une nuit terrible, tout le terrain acquis au prix de lourdes pertes sera maintenu.
Dans la nuit du 9, le bataillon, dépassé par le 120 ème R.I., vient bivouaquer dans les abris de la ligne Hindenburg.
Le bataillon, qui pouvait s'enorgueillir à juste titre de la belle citation à l'ordre de la division du mois d'août, est récompensé par une à l'armée (***) qui lui apporte la fourragère, que tous ses frères d'armes lui ont déjà accordée dans leur estime et qu'ils lui souhaitent depuis longtemps.
Après quelques jours de repos dans les tranchées de la ligne Hindenburg, la 46ème Division d'infanterie, le 18 octobre, marchant sur les traces de la 123ème division qui enlève Petit-Verly, Mennevret, est engagée le 19 au matin. Le 15ème bataillon, avec la compagnie Lorgue, établit la liaison entre la 66ème D.I. et des éléments de la 46ème D.I.. Les Allemandes, qui viennent de faire un bond en arrière de 25 km, se ressaisissent au canal de la Sambre derrière lequel ils organisent la résistance et arrêtent notre poursuite.
Le 58ème Régiment d'Artillerie de Campagne et le 6ème Régiment d'Infanterie de Ligne participèrent également à l'attaque et à la poursuite d'Essigny au canal de la Sambre.
(*) Ce bataillon, au temps de la paix, était en garnison à Remiremont et avait la garde de la partie sud des crêtes vosgiennes. Durant le conflit, il s'illustra dans les Vosges et en Alsace jusque fin 1915, puis sur le front de Somme en 1916, au Chemin des Dames en 1917, puis en Italie mais aussi dans les Flandres pour revenir sur la Somme à la mi-juillet 1918 puis dans l'Aisne jusqu'au 11 novembre 1918.
(**)Doreau (Jean-Louis) commandant la 3ème compagnie
Les 6 et 8 octobre 1918, a mené sa compagnie à l'assaut avec sa crânerie coutumière, la portant chaque fois en pointe du front de toute l'armée, malgré la résistance acharnée de l'ennemi. 2 blessures. 4 citations.
(***) ORDRE GENERAL N°21591 DU G.Q.G. DU 17 DECEMBRE 1918
"Superbe bataillon
...
Après avoir coopéré à l'occupation du village de Lesdins, s'est emparé de celui de Remaucourt, et a amené l'évacuation de celui d'Essigny-le-Petit, malgré une résistance opiniâtre de l'ennemi qui tenait encore, pendant son avance, les hauteurs dominant au nord et au sud la vallée de la Somme.
A fait au cours de ces combats, un total de 163 prisonniers."
Sources :
Historique du 15ème BCP (anonyme - Imprimerie Berger-Levrault - sans date) numérisé par André Bohly
Guide touristique de la MAIF - Ile de France - 1965
"French aircraft of the first world war" de Davilla & Soltan Flying Machine Press ISBN 0 9673110 4 0
"Quand leurs ailes se brisaient" de Patrick Richard
Correspondances avec Patrick Richard
Archives communales d'Essigny-le-Petit
Archives communales de Fontaine-Uterte
Collections personnelles de André Fréjat et Jean-Philippe Brazier
Sites internet
www.frontflieger.de/3-k-f.html
www.pilots-n-planes-ww1.com/Allied/French/Planes/Paul-Schmitt/PS7/PS-7.htm
www.theaerodrome.com/services/germany/jasta/jasta20.html
www.1914-18.org/historiques/BCAP-015.pdf
association14-18.org/references/regiments/FrRI001015.htm
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Les billets municipaux
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| Pendant la première Guerre mondiale, pour faciliter les transactions et parer à la pénurie de monnaie métallique, il a été émis des billets communaux remboursables à leur valeur, après la guerre, sur la caisse municipale. |