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FONTAINE-UTERTE PENDANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE (archives de la commune de Fontaine-Uterte) |
| Si les archives de la commune ne sont pas riches sur les événements de la 1ère guerre mondiale, celles de Fontaine-Uterte permettent de découvrir un village qui a bien mérité de la patrie. |
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Fontaine-Uterte est le village du canton de Bohain qui a le plus souffert de la guerre. Plus des deux tiers de ses bâtiments ont été détruits. Il a été occupé du début à la fin de la guerre ; 19 des ses enfants ont été mobilisés, huit sont Morts pour la France. Ce sont : Charles DUMANT Eugène DUPUIS Edgard GARESSE Gustave GARESSE Eugène GUIBERT Albert GOSSET Charles CARPENTIER Georges BERDAL Il y a eu aussi 2 victimes civiles: Julia LEFEVRE Léon PAVOT |
| Une occupation sans combat |
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Le 23 août, une colonne du train de l'armée anglaise campe à Fontaine-Uterte, venant du nord ; les jours suivants passent des Anglais, des soldats français blessés,des civils belges ; on entend le canon. Le 28 août, à 4 heures du matin, 4 Uhlans traversent le village au galop, en rasant les murs. Un peu plus tard, une patrouille de 23 cavaliers inspecte les bois du terroir et une autre arrive sur les hauteurs d'Essigny-le-Petit. A 3 heures de l'après-midi, deux batteries d'artillerie s'installent au couchant du village et bombardent Lesdins et Remaucourt. Le 29, on entend la cannonade de la bataille de Guise ; des gens de Fontaine-Notre-Dame viennent se réfugier ici pour retourner chez eux quand les Allemands seront passés. |
| Un espoir |
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Du 16 au 20 septembre, on espère que l'occupation va cesser. Les Français ont poussé une pointe; ils sont à Magny-la-Fosse à neuf kilomètres d'ici. Les hommes mobilisables et les permissionnaires essaient de gagner les lignes françaises. L'un d'eux réussit (Fernand DELVAL). Le 21 septembre, les Allemands pensent à enlever tous les hommes valides ; le 14 décembre, ils rassemblent à Bohain les jeunes gens des classes 14, 15 et 16 qui ne sont pas partis. Le 11 mars, ils en envoient une partie derrière le front de Péronne. |
| La peur des gendarmes |
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Les premiers occupants ne sont pas trop méchants. Un commandant de colonne demande même à son départ un certificat de bonne conduite au maire pour s'en servir s'il est fait prisonnier. Les enfants n'ont pas peur des soldats allemands. En juin, un jeune homme en aperçoit plusieurs sur un cerisier, qui mangent des cerises ; il va chercher une serpe, monte sur l'arbre et coupe les branches chargées de cerises pour les emporter. Il descend de l'arbre, suivi des Allemands qui le frappent, et se met en garde avec sa serpe ; un officier arrive à temps pour arrêter le combat en riant lui-même du bon tour joué à ses hommes. Seuls les gendarmes sont craints : ils sont très sévères, il frappent pour des riens les enfants à coups de bâton ou de crosse de fusil. Un jour, trois enfants de 10 ans sont enlevés à Bohain et roués de coups pour avoir coupé des brides et des étrivières qu'ils voulaient raccourcir pour monter un poney. Le calme se rétablit peu à peu, l'école rouvre ses portes. On reprend les travaux agricoles jusqu'en 1916. |
| Fontaine-Uterte rançonnée |
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Les vivres se raréfiant, six personnes, sur ordre des Allemands, sont désignés par le Conseil municipal le 1er avril 1915, pour être évacués en France non occupée. Il se forme un Comité de ravitaillement hispano-américain. Les principales difficultés proviennent de ce que les Allemands enlèvent tout sans payer : lait, oeufs, récoltes, et exigent malgré cela le paiement ordinaire des impôts et des rançons de 18.000 F, 20.000F, 18.000 F, 38.000 F, qui sont fabuleuses pour un petit village de 160 habitants. La municipalité emprunte d'abord de l'argent aux habitants puis elle émet pour 7.500 F de bons communaux et enfin, d'accord avec les villes et les communes voisines, des bons dits "unifiés" puis"régionaux" pour une centaine de mille francs. Les Allemands exigent l'approbation du conseil municipal pour l'émission des bons qui suit toujours une imposition de guerre ; après le départ de quelques conseillers municipaux évacués, ils en nomment d'autres d'office, pour que "les choses soient régulières". |
| Un terrain d'aviation |
| Au mois de mai 1916, les Allemands deviennent actifs, ils installent un camp d'aviation près d'ici, à Courcelles. Le 5 novembre, un autre ici même ; ils montent des pompes, fabriquent de l'électricité pour la force et l'éclairage. Ils construisent des baraques et des hangars dans le village et les bois. Ils forent des puits, battent et enlèvent les récoltes, interrompent les travaux des champs et emmagasinent dans les caves la glace de l'abreuvoir pour les hôpitaux qu'ils vont installer. |
| Les combats de 1917 |
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Le nouveau front va passer ici, semble-t-il. En février 1917, en allant en corvée à Savy, on voit les tranchées tracées à Morcourt et, à l'orphelinat de Saint-Quentin, des abris bétonnés, des fils de fer barbelés. Fin mars, les Allemands font sauter les villages qui se trouvent entre le front et celui qu'ils ont projeté d'établir. Des habitants de Fontaine, qui doivent aller chercher du mobilier à Saint-Quentin pour les Allemands, voient la ville déserte, Omissy et Morcourt rasés.Le champ de course de Morcourt est inondé en avant des tranchées. Le bombardement par canons et avionsest continuel. Le 15 août 1917, on voit brûler la basilique de Saint-Quentin.Les avions lancent des billets et des journaux. En septembre, le calme revient et, avec lui, le Vice-président et des députés du Reichtag viennent à Fontaine et, de là, vont au front sans entendre un coup de canon. Ils trouvent que tout va bien et que la soupe est bonne. (Les habitants reçoivent en effet 300 grammes de pain noir et 172 grammes d'aliments divers par jour.) |
| Les Alliés bombardent |
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Mais le 5 octobre, Fontaine reçoit 24 obus anglais en une heure. Les soldats allemands se sauvent dans les champs ; la grande bataille commence le 20 novembre. Les Allemands massent des troupes. En janvier, il y a ici 7 à 8.000 hommes. Le 24 janvier 1918, Fontaine reçoit 50 bombes. Le 25 février, 63 bombes ; une femme est tuée, quelques Allemands blessés. Les Autrichiens amènent un pièce de 305 le 8 mars, le jour même où nous entendons le dépôt de Levergies qui saute avec 70.000 projectiles. Le 21 mars, les Allemands avancent et nous n'avons plus que des troupes de passage jusqu'au 27 août, où par le repli des Allemands, Fontaine est à nouveau plein de troupes. Ces troupes, cependant, se retirent peu à peu. Le 20 septembre, on évacue encore 34 personnes. Le 27, le village est à nouveau bombardé et le 28 à 7 heures du matin, les 37 derniers habitants, dont une malade qui va mourir en route, sont évacués sous le bombardement, heureux, même les plus attachés à leur foyer, de se tirer de là. |
| La reprise de Fontaine Uterte |
| Seule, la petite cloche de l'église reste dans son clocher pourtant touché par des obus. Une bonne âme avait pris soin d'en couper la corde et les Allemands qui avaient ramassé tous les objets en cuivre n'avaient pas pensé qu'elle existait. Et, seule comme française, a été témoin du bombardement qui a continué jusqu'à la reprise de Fontaine-Uterte par les troupes françaises le 9 octobre 1918, bombardement qui a dû être très violent si on en juge par la destruction des bâtiments et le nombre de cadavres allemands qu'on a retirés des caves : 80 dans celle du château. |
| La Croix de Guerre |
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La Croix de Guerre et la belle citation ci-dessous couronnent ce long martyre de Fontaine-Uterte et de ses habitants : Commune de Fontaine-Uterte A supporté vaillamment les plus violents bombardements qui l'ont complètement détruite. Par ses deuils et le courage qu'elle a montré pendant l'occupation allemande, a bien mérité de la patrie. |